Vous y dansez. Mais savez-vous ce qu’on y fabriquait ? |
Suivez le Rhône et l’Arve à la découverte de cinq bâtiments qui ont troqué leurs machines contre des scènes, des ateliers et des pistes de danse. |

On y écoute un concert, on y découvre une exposition, on y dîne ou l’on y danse jusqu’au milieu de la nuit.
On y écoute un concert, on y découvre une exposition, on y dîne ou l’on y danse jusqu’au milieu de la nuit. Mais avant d’accueillir des artistes et du public, ces lieux produisaient de l’énergie, transformaient de l’or, fabriquaient des robinets, abritaient des abattoirs ou composaient des parfums.
Pour retrouver cette Genève industrielle, il suffit de suivre l’eau. Du centre-ville aux Acacias, le Rhône et l’Arve relient cinq bâtiments dont les murs racontent une histoire que l’on ne remarque plus toujours. |
Les Halles de l’Île : avant la brasserie, les abattoirs |

Il faut commencer sur l’Île, au milieu du Rhône. Aujourd’hui, les Halles abritent une brasserie et accueillent des soirées et des événements. Mais leur première vie remonte au milieu du XIXe siècle : construites en 1849, elles servent d’abord d’abattoirs municipaux avant de devenir un marché couvert en 1877. Le contraste est saisissant. Derrière les grandes ouvertures et les terrasses animées se cache l’un des anciens lieux de travail les plus centraux de la ville.
Le détail à regarder : la position du bâtiment, directement sur le fleuve. L’eau était alors indispensable au fonctionnement de nombreuses activités artisanales et industrielles. |
Le BFM : la machine qui alimentait Genève en eau |

On y écoute un concert, on y découvre une exposition, on y dîne ou l’on y danse jusqu’au milieu de la nuit.
Mais avant d’accueillir des artistes et du public, ces lieux produisaient de l’énergie, transformaient de l’or, fabriquaient des robinets, abritaient des abattoirs ou composaient des parfums.
Pour retrouver cette Genève industrielle, il suffit de suivre l’eau. Du centre-ville aux Acacias, le Rhône et l’Arve relient cinq bâtiments dont les murs racontent une histoire que l’on ne remarque plus toujours. |
L’Usine : de l’or aux cultures alternatives |

Juste à côté, changement d’univers. Le bâtiment de l’Usine abritait autrefois l’Usine genevoise de dégrossissage d’or. Le métal précieux y était préparé avant les étapes suivantes de sa transformation.
Depuis 1989, le lieu est devenu l’un des principaux centres culturels indépendants et autogérés de Genève. Concerts, cinéma, théâtre, expositions, musique électronique et création graphique ont remplacé le travail du métal.
Le nom, lui, est resté. Comme si le bâtiment avait changé de production sans jamais cesser de fabriquer quelque chose.
Le détail à regarder : les grandes fenêtres et la structure du bâtiment, pensées pour un lieu de production bien avant de devenir le décor des nuits genevoises. |
L’Usine Kugler : des robinets aux ateliers d’artistes |

En poursuivant vers la Jonction, une haute cheminée signale l’ancienne Usine Kugler. Le bâtiment est construit en 1899 pour l’entreprise Appareillages Gardy, qui y fabrique notamment du matériel électrique et des pièces en porcelaine. Il est ensuite repris par la maison Kugler, spécialisée dans la fonderie et les équipements sanitaires, dont les robinets.
Après l’arrêt de l’activité industrielle, les ateliers sont progressivement investis par des artistes. Peinture, photographie, sculpture, sérigraphie, musique et installations occupent désormais les anciens espaces de production. La cheminée, les volumes bruts et certaines traces de l’usine n’ont pas disparu. Ils font aujourd’hui partie de l’identité du lieu.
Le détail à regarder : la cheminée, héritée des fours utilisés pour fabriquer les pièces isolantes en porcelaine. |
La Parfumerie : elle n’a pas seulement gardé son nom |

À la Jonction, le nom n’est pas un effet de style. La Parfumerie occupe d’anciens locaux de l’usine Firmenich, mis à disposition de plusieurs compagnies indépendantes par l’État de Genève. Réunies autour d’un projet commun dès 1994, elles inaugurent la salle de l’Arve en 1996, puis transforment l’ancienne chaufferie en Grand Café en 1999.
Théâtre, danse, concerts, ateliers et soirées festives ont ainsi pris place dans un ancien ensemble industriel consacré à la chimie. Ici aussi, l’activité a changé, mais le lieu est resté un espace de fabrication.
Le détail à regarder : la juxtaposition des ateliers, de l’ancienne chaufferie et des petits bâtiments, qui révèle encore l’organisation industrielle du site. |
Ces cinq lieux racontent la même métamorphose. Pendant plus d’un siècle, l’eau a attiré les machines, les ateliers et les fabriques le long du Rhône et de l’Arve. Lorsque les activités industrielles ont quitté le centre, les artistes ont investi certains de ces grands volumes devenus disponibles.
Genève n’a donc pas complètement effacé ses usines. Elle leur a confié une autre production : des images, des spectacles, des rencontres et des nuits dont on se souvient. Le bon réflexe PépitesCommencez par les Halles de l’Île, puis rejoignez le BFM et l’Usine par la promenade des Lavandières. Poursuivez ensuite le long du Rhône jusqu’à l’Usine Kugler. La Parfumerie forme une dernière étape plus éloignée, à rejoindre à pied en longeant la Jonction et l’Arve, ou en transports publics. Les bâtiments restent visibles de l’extérieur, mais leurs espaces intérieurs ne sont pas tous ouverts en permanence. Pour entrer, choisissez de préférence un jour d’exposition, de spectacle ou de concert.
Informations pratiques
Départ : Les Halles de l’Île
Bâtiment des Forces Motrices
L’Usine
Usine Kugler
La Parfumerie |

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