Genève sous la surface |
Ce qui se cache sous nos pieds |

On connaît Genève par son lac, ses façades, ses parcs et ses institutions. Mais une autre ville existe sous la ville : galeries militaires, vestiges romains, églises disparues, casemates et traces préhistoriques. Certaines se visitent, d’autres ne se devinent qu’en connaissant leur histoire.
Cinq lieux, cinq couches de Genève, pour regarder la ville autrement — cette fois, en baissant les yeux. |
1. Les galeries oubliées des fortifications |
Sous les Tranchées, un réseau militaire presque disparu |

Au XVIIIe siècle, Genève était ceinturée d’un impressionnant système défensif. Sous les fortifications couraient près de huit kilomètres de galeries, destinées notamment à détecter ou contrer les travaux de sape ennemis. Une partie existe toujours. En 2019, des travaux ont même permis de retrouver sous la rue de l’Athénée une galerie du XVIIIe siècle restée presque intacte. La prochaine fois que vous traversez les Tranchées, pensez à ce réseau enfoui sous vos pas.
Infos pratiques |
2. Sous Saint-Pierre |
Près de 2 000 ans d’histoire, quelques mètres sous la cathédrale |

Sous Saint-Pierre se succèdent les traces de plusieurs édifices religieux et de constructions plus anciennes. Le site archéologique permet de descendre littéralement dans les différentes couches de la ville, depuis l’Antiquité jusqu’aux premières églises chrétiennes. C’est la partie de cette Genève cachée que l’on peut réellement explorer : une visite qui change ensuite complètement la façon de regarder la vieille ville.
Infos pratiques |
3. Saint-Antoine |
Une Genève construite sur plusieurs Genève |

Sous la promenade Saint-Antoine, les fouilles ont révélé plusieurs époques superposées : bâtiments romains, sépultures, édifice religieux du haut Moyen Âge et structures défensives plus récentes. Le lieu raconte quelque chose d’essentiel : Genève n’a pas simplement grandi autour de son centre historique. Elle s’est reconstruite encore et encore au même endroit, en laissant sous ses rues les traces des villes précédentes.
Le nouveau Site archéologique Saint-Antoine — SaSA ouvre au public le 5 septembre 2026, avec une journée d’ouverture annoncée de 10h à 22h. Infos pratiques |
4. Les casemates cachées |
Quand les sous-sols servaient à défendre — et nourrir — la ville |

Dans le secteur de Saint-Antoine et du boulevard Jacques-Dalcroze subsistent encore plusieurs anciennes casemates liées aux fortifications. Elles n’étaient pas uniquement militaires. Certaines ont servi au stockage de poudre, de bois, de blé ou de sel, avant de connaître d’autres usages. Elles rappellent une Genève qui devait pouvoir à la fois se défendre, se ravitailler et tenir derrière ses murs.
Infos pratiques |
5. Un village préhistorique sous le Léman |
Aux Pâquis, l’histoire continue sous l’eau |

Bien avant les quais, les hôtels et les bains, des populations vivaient déjà sur les rives du Léman. Les recherches archéologiques ont notamment identifié un ancien habitat préhistorique dans le secteur des Pâquis, aujourd’hui recouvert par les eaux. La prochaine fois que vous regardez le lac depuis les Pâquis, imaginez donc autre chose sous la surface : les traces d’un Genève vieux de plusieurs millénaires.
Infos pratiques |
Une ville en strates
La Genève souterraine n’est pas un unique lieu secret. C’est plutôt une ville en couches, dont quelques fragments réapparaissent à chaque fouille, chaque chantier ou chaque recherche. Et c’est peut-être cela qui la rend fascinante : à Genève, il suffit parfois de regarder quelques mètres plus bas pour changer complètement d’époque. |

0 Comments
Join the conversation
Be the first to comment
Share your thoughts above.