Le portrait de Marie-Antoinette qui n’était pas Marie-Antoinette |
Un peintre genevois, onze enfants impériaux et une enquête qui bouscule ce que l’on croyait savoir. |

Et si le portrait de Marie-Antoinette que l’on regardait depuis des décennies ne représentait pas Marie-Antoinette ? C’est le point de départ de la nouvelle exposition du Musée d’art et d’histoire de Genève. Son titre, Liotard et Marie-Antoinette. Visages sous enquête, annonce la couleur : ici, on ne vient pas seulement admirer des œuvres. On cherche des indices.
Onze visages, mais qui est qui ?
Né à Genève en 1702, Jean-Étienne Liotard fut l’un des portraitistes les plus recherchés de son époque. En 1762, il réalise une série de dessins représentant les enfants de Marie-Thérèse d’Autriche. Onze de ces portraits sont aujourd’hui conservés au MAH.
Parmi eux figurait celui que l’on pensait être la jeune Marie-Antoinette. Mais un doute s’est installé. Les traits, l’âge supposé, certains détails du portrait et les comparaisons avec d’autres œuvres ne semblaient plus parfaitement correspondre.
L’enquête a finalement conduit à une autre identification : le célèbre visage serait celui de sa sœur, Marie-Caroline, future reine de Naples.
Quand l’histoire de l’art rencontre la police scientifique
Pour tenter de remettre le bon prénom sur chaque visage, le MAH a réuni des spécialistes de l’histoire de l’art et du XVIIIe siècle, mais aussi des chercheurs en intelligence artificielle et des experts en sciences forensiques.
Archives, comparaison des œuvres, étude des ressemblances familiales et reconnaissance faciale ont été croisées. L’intelligence artificielle n’apporte pas seule une réponse définitive. Elle devient un outil supplémentaire dans une enquête où chaque détail peut compter.
C’est précisément ce qui rend l’exposition accessible, même lorsqu’on ne connaît rien à Liotard. On regarde autrement. Un portrait n’est plus seulement un beau dessin ancien : il devient une énigme, avec ses fausses pistes et ses identités à retrouver. Pourquoi c’est une vraie Pépite de Genève
Parce que cette histoire relie un grand artiste genevois, les collections du MAH et des techniques de recherche très contemporaines.
Et parce qu’elle rappelle quelque chose d’assez réjouissant : même dans un musée, une vérité inscrite sur une étiquette peut encore être remise en question.
Le bon réflexe Pépites
Informations pratiquesLiotard et Marie-Antoinette. Visages sous enquête Page de l'exposition
Du 3 octobre 2026 au 7 février 2027 |

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