À Genève, ces arbres ont une histoire à raconter |
Un platane déplacé, des cèdres presque tricentenaires, une forêt californienne recréée au bord du Léman : cinq histoires documentées à découvrir en ville. |
On passe devant eux pour traverser une place, rejoindre un parc ou longer le lac. Pourtant, certains arbres de Genève ont connu plusieurs époques, changé de lieu ou été plantés pour raconter un autre paysage. Voici cinq haltes indépendantes, réparties dans différents quartiers. Pas de classement des « plus beaux » arbres : simplement cinq histoires vérifiables qui donnent envie de regarder les branches autrement. |
1. Place du Cirque : le platane au milieu de l’asphalte |

C’est un arbre que beaucoup croisent sans s’arrêter. Plus que centenaire, ce platane atteint environ 35 mètres de haut et 4,25 mètres de circonférence selon la fiche de la Ville de Genève, mise à jour en 2014. Et voici le détail moins visible : la Ville estime que ses racines puisent vraisemblablement dans la nappe phréatique liée à l’ancien lit de l’Arve. Une hypothèse qui pourrait expliquer sa croissance malgré son emplacement au milieu de la circulation. Place du Cirque, à observer depuis les trottoirs. TPG : arrêt Cirque. Localiser le secteur sur Google Maps |
2. Parc Beaulieu : les cèdres qui ont connu plusieurs siècles de Genève |

Le parc abrite deux cèdres du Liban parmi les plus anciens de Genève. Dans un reportage de 2020, la Tribune de Genève situe leur plantation en 1735, par le baron Jean-François de Sellon. D’autres récits historiques situent l’arrivée de ces plants plus tard au XVIIIe siècle : la date exacte mérite donc de rester prudente. Ils appartiennent au paysage de l’ancienne propriété de la famille de Sellon, dont la maison de maître est aujourd’hui une école. La Ville acquiert le domaine en 1939 : les cèdres avaient donc déjà traversé plusieurs générations avant que Beaulieu ne devienne un parc public. La tradition raconte que les jeunes cèdres auraient voyagé de Paris à Genève dans un chapeau, après un passage par le Jardin des plantes. On évoque aussi la possibilité que Napoléon soit passé sous leurs branches en 1800. Deux anecdotes séduisantes, à garder du côté de la légende ou de l’hypothèse plutôt que des faits établis. Dans le parc Beaulieu, près de l’ancienne maison de maître. TPG : arrêt Baulacre, bus 5. Localiser le secteur sur Google Maps |
3. Parc Barton : une forêt californienne recréée au bord du Léman |

En 1858, Sir Robert Peel acquiert le domaine où se trouve aujourd’hui le parc Barton. Il y aménage un jardin d’inspiration anglaise et y plante des séquoias géants pour évoquer, à petite échelle, une forêt californienne. En 1935, sa fille Alexandra Barton Peel lègue la propriété à la Confédération suisse, avec la condition qu’elle ne soit pas divisée et que ses arbres soient préservés. Un paysage construit au XIXe siècle qui fait encore partie du patrimoine végétal genevois. Dans le parc Barton, côté rue de Lausanne. TPG : arrêt Perle du Lac, bus 1 ou 25, puis marche vers le parc. Localiser le secteur sur Google Maps |
4. Bastions : un platane qui a déménagé en 1878 |

Devant l’Université, un grand platane porte une histoire peu ordinaire. Il a été transplanté depuis la place des Alpes jusqu’à la promenade des Bastions en 1878. L’arbre existait donc déjà lorsqu’il a changé de quartier. À cette époque, les Bastions abritaient encore le Jardin botanique de Genève, avant son déménagement en 1904. Dans la grande allée devant l’Université, l’espace clôturé autour de ses racines permet de repérer ce témoin de l’ancien jardin. Promenade des Bastions, grande allée devant Uni Bastions. TPG : arrêt Place de Neuve. Localiser le secteur sur Google Maps |
5. Perle du Lac : le tulipier à découvrir près du musée |

Au parc de la Perle du Lac, près du Musée d’histoire des sciences, pousse un tulipier de Virginie. Originaire d’Amérique du Nord, cet arbre porte des feuilles à la silhouette singulière et des fleurs évoquant de petites tulipes. Cette essence fait partie des découvertes botaniques à observer dans ce parc au bord du Léman. Une halte qui donne une autre raison de s’attarder autour de la Villa Bartholoni. Parc de la Perle du Lac, à proximité du Musée d’histoire des sciences. TPG : arrêt Perle du Lac, bus 1 ou 25. Localiser le secteur sur Google Maps |
Le bon réflexe PépitesChoisissez une ou deux haltes sur votre trajet habituel, plutôt que de chercher à relier les cinq lieux en une seule promenade. Selon la saison, le feuillage et les floraisons changent l’expérience. |
Retrouvez ces cinq arbres sur la carte |

Cinq lieux à découvrir librement dans Genève. Repères indicatifs, sans itinéraire proposé. |
Infos pratiquesLes cinq haltes sont indépendantes. Les liens Google Maps repèrent les lieux ; les indications de chaque section vous aident à retrouver les arbres. Vérifiez les conditions d’accès aux parcs et les horaires TPG avant de partir.
Et si la prochaine découverte genevoise était simplement un arbre devant lequel on passe depuis des années ? Pour prolonger la découverte : Genève au fil du Rhône : cinq escales, mille histoires. |


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